LETTRE AU PRESIDENT DE L'UNIVERSITE JOSEPH FOURIER

 


 

 

 

 

Maryvonne David-Jougneau

Grenoble le 22/05/2003

Comité Bandajevsky

 1 Chemin Guilbaud

38.100 GRENOBLE

 

04 76 63 88 38

À  Monsieur  Yannick VALLÉE,

 

Président de l’Université Joseph Fourier

 

            Je prends contact avec vous au nom du Comité de soutien au Professeur Bandajevsky que j’anime depuis près d’un an. Je sais que vous avez eu déjà une certaine information à propos de cette affaire. J’ajouterai seulement quelques éléments concernant la valeur de sa recherche. Dès octobre 1999, après son arrestation, des collègues français qui connaissaient l’homme et l’importance de ses travaux sur les effets de la radioactivité ingérée à faibles doses, se sont mobilisés pour le faire sortir de prison (Doc 1). Les autorités biélorusses n’ont pas osé l’attaquer sur ces données scientifiques qui trouvaient difficilement la controverse dans les pays touchés par l’accident de Tchernobyl (Doc. 2) : d’où l’accusation de corruption qui n’a convaincu aucun de ceux qui ont suivi de près les conditions de son arrestation comme celles de son procès. Des recherches européennes récentes, publiées par le Comité Européen sur le Risque de l’irradiation (ECRR), s’appuient en partie sur ses données pour proposer un nouveau « modèle théorique » afin de réévaluer les normes de radioprotection (Doc 3).           

En ce qui concerne sa situation en prison, je vous envoie le résumé qu’en a fait Galina, son épouse, elle-même médecin, invitée par Amnesty en janvier 2003 (Doc.4). Depuis, elle a revu son mari le 20 mars (Doc.5) ; le 9 avril, Bandajevsky a reçu la visite des ambassadeurs de France et d’Allemagne pendant une heure dans sa prison (Doc. 6). Son état physique et psychique semble des plus précaires. De leur côté, d’après un certain nombre d’indices, les autorités biélorusses, qui n’ont pas pu lui arracher l’aveu d’une culpabilité, ne savent comment se débarasser de cette affaire vis-à-vis de l’Europe.

 

            Dans ce contexte, tout signe de reconnaisance symbolique lui permettant de se penser avec « un futur » scientifique ... prend une importance décisive, en même temps qu’elle peut persuader ses geôliers de l’inefficacité de le maintenir plus longtemps en prison. Le Manifeste pour sa libération que nous avons fait paraître dans le journal Le Monde, le 25 avril, a recueilli déjà plus de 4.000 signatures (Doc. 7 et 8). Le professeur Y.Bandajevsky a déjà été nommé “citoyen d’honneur” de la ville de Clermont-Ferrand, puis de celle de Paris. La Municipalité de Grenoble a voté une motion de soutien en sa faveur (Doc.9)…

 

             Nous pensons que ce serait à l’honneur de l’Université de Grenoble de le nommer Docteur Honoris Causa, inscrivant ainsi ce geste dans sa tradition de défense des valeurs fondamentales de vérité et de justice et de lutte contre toute oppression. Le 2 octobre 2002, notre première manifestation s’est faite en collaboration avec le Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère. Le 18 juin 2003, cela fera juste 2 ans que Bandajevsky a été condamné à 8 ans de prison : le nommer Docteur Honoris Causa, ce jour-là, n’en aurait que plus de portée.

 

Nous sommes prêts à vous rencontrer et à vous envoyer tout document complémentaire.

 

 Je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’expression de mes  sentiments distingués.

 

            Maryvonne David-Jougneau