Un registre national du cancer pour évaluer les tendances post-Tchernobyl  

 

par A. E. Okeanov, E. Y. Sosnovskaya, et O. P. Priatkina du Clinical Institute of Radiation Medicine and Endocrinology Research, Minsk, Belarus.

 

Swiss Medical Weekly, N° 43/44, Nov 2004. 

 

 Article en Anglais


 

 

Résumé : 

 

Le  registre national du Cancer de la République de Belarus, où sont enregistrés les nouveaux cas de tumeurs malignes, existe depuis 1973.  Les informations, stockées sur une base de données informatique sont utilisées pour l'évaluation de la situation oncologique de la population et pour des études épidémiologiques.

 

Nous avons confronté les relevés datant d'avant  l'accident de Tchernobyl, avril de 26, 1986 , avec  les relevés provenant de la période 1990 - 2000.  Dans cette communication nous présentons une comparaison  globale des changements du taux de la morbidité du cancer dans le Belarus.  L'augmentation est statistiquement significative pour toutes les régions, mais dans les zones irradiées de façon chronique, comme l'oblast Gomel, elle est  particulièrement importante.  

 

Cette communication présente une analyse comparative des cas de la morbidité du cancer dans la population de deux régions de Belarus, choisies en fonction de la  différence maximale de leur contamination radioactive post-Tchernobyl.  

 

La contamination la plus élevée s'est produite dans la région de Gomel, et plus spécialement dans des zones rurales, due  principalement aux niveaux élevés du radiocesium (137Cs) dans le sol et dans la chaîne alimentaire,   Des retombées radioactives  relativement basses ont été enregistrées dans la région de Vitebsk, retenue dans cet étude comme "zone de contrôle".  Nous  comparons la situation avant et après Tchernobyl dans les deux régions.   Le taux de morbidité du cancer dans tous les organes, y compris le colon, la vessie, et  la thyroïde, étaient, de façon  significative, plus élevé  dans la région de Gomel qu'à Vitebsk.   Dans les populations vivant dans deux secteurs avec une contamination de 137Cs élevée (oblast de Gomel et de Mogilev), c'est entre l'âge de 45 – 49 ans que les taux les plus élevés de cancer du sein sont atteints, soit 15 ans plus tôt que dans la région de Vitebsk.  Les  "liquidateurs"  Belarus,  mobilisés pour nettoyer le territoire le plus contaminé et pour construire le sarcophage pour recouvrir la centrale nucléaire détruite ont reçu  les doses les plus élevées.  L'étude montre une augmentation significative des cancers du colon, de la vessie et du thyroïde par rapport à la population adulte correspondante de la région de Vitebsk.

Le risque relatif (RR) de cancer du poumon parmi les "liquidateurs" pendant la période 1997-2000 a dépassé sensiblement la valeur 1, tandis que parmi la population de contrôle,  il restait stable.