Grâce refusée à Iouri Bandajevski

Libération 06. 02. 2004


e scientifique biélorusse, condamné à huit ans de prison pour avoir travaillé sur les conséquences humaines de la catastrophe de Tchernobyl, vient de se voir refuser la grâce présidentielle. Comme d'habitude, le très autoritaire Alexandre Loukachenko, ancien chef de kolkhoze nostalgique des temps soviétiques, est resté sourd aux appels de la communauté internationale. Bandajevski, chercheur renommé soutenu par de nombreuses associations, a été adopté comme prisonnier politique par Amnesty International. Pour quitter la prison de Minsk où il croupit depuis trois ans, il s'est résigné à demander sa relégation dans le district de Vetka (Est), ce qui lui assurera un régime de semi-liberté d'ici à sa relaxe définitive. Ses travaux allaient à contre-courant de la thèse officielle, selon laquelle la population peut parfaitement vivre dans les abords contaminés de Tchernobyl.