Wladimir Tchertkoff

 

"ENFANTS DE TCHERNOBYL BELARUS"

 

Professeur Youri Bandazhevsky

 

 

16 Octobre 2003

Problèmes de santé dans la jeune famille de Gomel

(suite de l'information du 10-11 octobre)

 


 

 

La petite-fille nouveau-née s'appelle Alexandra Dimitrievna Shyrokaya. Son père, le mari de Olga Bandajevskaya, s'appelle Dimitri Anatoliévitch Shyroki.

 

En arrivant à Gomel le 10 octobre au soir, Galina n'a pas trouvé la situation améliorée. La petite avait malheureusement la bilirubine à 390, alors que la norme est 90. C'est ainsi que naissent les enfants de Gomel, dit Galina. Les médecins le constatent, sans trop en connaître les raisons. Ils relient le phénomène au système immunitaire affaibli des mères. Tout le monde sait et pense, sans le dire, que Tchernobyl y est   pour quelque chose. Rares sont les habitants de cette région, - y compris les jeunes mères qui accouchent et allaitent, - avec moins de 20 becquerels de césium 137 par kg. du poids de leur corps dans l'organisme : tous les produits alimentaires en contiennent. Et les produits propres d'importation sont à des prix inabordables pour la grande majorité des habitants.

 

Olga souffrait des suites de l'opération. Au bout de deux jours, la fièvre a recommencé à monter et, chose plus inquiétante, celle du bébé aussi. Alexandra se trouvait au 6me étage de la maternité, Olga était alitée au 7me. Elle descendait 3-4 fois pendant la nuit, pieds nus dans une légère blouse de l'hôpital pas chauffé (il est interdit d'avoir des vêtements à soi et la ville n'a commencé à chauffer que très faiblement aujourd'hui), pour nourrir et surveiller le bébé.

 

Galina n'a jamais travaillé dans cet hôpital de la ville de Gomel, son personnel ne la connaissait pas, lui était hostile et l'a traitée avec animosité, quand elle a essayé d'obtenir des conditions plus humaines. Le soir du mardi 14, la santé de Olga et de l'enfant a empiré. La nouveau-née, très affaiblie, toussait, ne respirait que par la bouche, le nez complètement bouché. La suture de l'opération de Olga, pratiquée pour arrêter l'hémorragie, s'était ouverte et suppurait. Un examen à ultrasons a révélé des restes de placenta, qu'il faudra extraire, une fois la plaie assainie. Affolée par cette situation sans issue, qui allait de mal en pis, Galina s'est imposée et a obtenu de sortir les deux patientes, toutes les deux avec la fièvre à 38°. La maison était froide aussi : 12°, le chauffage, distribué par la ville, n'était pas encore donné. Galina a placé un appareil de chauffage électrique dans une chambre, a emprunté 50 dollars pour acheter un bon antibiotique pour Olga et des médicaments appropriés pour le bébé.

 

Le lendemain matin, c'est à dire hier, après une nuit plutôt désespérée, Galina a téléphoné à Nesterenko qui m'a appelé pour demander de l'aide. Emanuela a fait un envoi instantané de 500 dollars au nom de Dzimitry Shyroki par Western Union. Aujourd'hui, après 24 heures de soins au chaud (avec antibiotique pour la mère et un adsorbant, "Smecta", qui évacue la bilirubine, et une abondante solution de glucose pour désintoxiquer la petite), la température s'est normalisée chez les deux patientes. Galina extrait encore beaucoup de mucus purulent du nez de la petite.

 

Après ces détails médicaux, j'ai interrogé Galina sur le coût de la vie et sur ses dépenses. Cela m'a permis de corriger mon information restée arrêtée à une période précédente, dépassée.

 

A partir des premiers mois de 2002 le coût de la vie a énormément augmenté au Belarus, ce qui a approfondi le fossé entre les riches et les pauvres. Les salaires des entreprises privées ont augmenté. Beaucoup moins ceux du secteur public. Les gens se défendent avec les provisions de leurs potagers, mais tomber malade peut devenir catastrophique : les médicaments sont trop chers.

 

Galina, travaillant 12 heures par jour, samedi compris gagne 150 dollars par mois, entre Belrad et la clinique : 100 à Belrad et 50 à la clinique, dans laquelle elle travaille à temps partiel. Cette clinique, qui apprécie sa compétence, insiste pour qu'elle passe à plein temps. On lui offre 280 dollars, qui pourraient arriver à 420, avec les extraordinaires. Galina n'abandonnera pas Belrad par choix éthique. Dans le panorama économique du Belarus, Belrad est pratiquement le seul institut privé (à but non lucratif) qui est obligé de payer des salaires aussi bas, ce qui explique la perte progressive de ses collaborateurs.

 

Mais retournons aux dépenses de la famille. Avec le temps, le nombre des colis alimentaires de 30 kg, autorisés au cours de l'année pour Youri, a augmenté. On est passé de 2 à 6 et en 2003 à 10 colis : presque un colis par mois. Sans achat de vêtements, un colis alimentaire de ce type revient à 250 dollars. Les deux colis par semaine, autorisés suite à l'opération, coûtent 40 dollars chacun. (J'avais mentionné 60 dollars dans mon précédent message à cause des médicaments que Galina a apportés en prison.)

 

Le traitement mensuel de Dimitri Shyroki, jeune médecin du secteur public, est de 45 dollars. Olga ne touche pas d'appointements, étant en maternité, mais une allocation familiale qui s'élève à 35 dollars. En tout        80 dollars pour la jeune famille de Gomel. Le loyer de l'appartement s'élève à 50 dollars. Sans l'aide de Galina, l'argent ne suffit pas. Et Galina elle-même n'y réussirait jamais sans l'aide mensuelle de 300 dollars qu'elle reçoit de France d'une famille, dont je n'ai pas eu l'autorisation de révéler le nom.

 

Quelques exemples de : Un kg de raisin, 2 dollars. Un kiwi, 0,5 dollars. 200 gr de crème fraîche, 1 dollar.

1 kg de viande de poulet, 3,5 dollars. 1 kg de fromage Comté, 58 Euros. Un examen médical ultrasons, 15 dollars. L'antibiotique pour Olga, 25 dollars. Chaussures, vêtements…

 

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